Avec deux ans d’avance, près de la moitié des grandes entreprises cotées respectent leur obligation de féminisation
Que ce soit du côté des instances de direction ou des conseils d’administration, la féminisation des plus hautes sphères des entreprises françaises atteint un niveau inédit en 2024, selon une étude de l’Institut français des administrateurs et d’Ethics & Boards. 45% des entreprises du CAC 40 respectent déjà l’obligation fixée par la loi Rixain de 30% de dirigeantes au sein des comex, applicable en 2026.

Un petit bond dans le CAC 40
Selon le baromètre, ce sont en réalité 45% des entreprises du CAC 40 et plus de 44% de celles du SBF 120 qui ont déjà franchi, en 2024, la première barre de 30% de femmes dans leur comité exécutif. Ce n’est donc pas encore tout à fait la moitié, mais la proportion d’entreprises déjà dans les clous progresse dans les deux indices. Dans le CAC 40, cette progression est même de 7,5 points en un an, soit une augmentation bien plus importante qu’entre 2022 et 2023.
Pour Denis Terrien, la lecture de ces résultats doit en tout cas être positive, même si plus de la moitié des entreprises doivent encore faire des efforts. «Quand un dirigeant fait bien son job, on ne peut pas lui demander de partir du jour au lendemain», insiste-t-il. En 2021, un quart seulement des sociétés du CAC 40 étaient déjà au niveau.
Un plafond de verre pour les plus gros postes
Le gros point noir reste en revanche la persistance d’un plafond de verre pour les postes de directrices générales et de présidentes des conseils, un autre type d’organes scruté dans l’étude. «L’évolution est trop lente» à la tête des entreprises, soulignent ses auteurs. Seules trois femmes sont directrices générales de sociétés du CAC 40 avec Catherine MacGregor chez Engie, Christel Heydemann chez Orange et Estelle Brachlianoff chez Veolia. Plus largement dans le SBF 120, la proportion de femmes PDG ou DG dépasse péniblement les 11%, «sans amélioration notable depuis 2022», relève le rapport. Ces 14 patronnes permettent malgré tout à la France de ne pas faire pire que le Royaume-Uni, avec ses dix patronnes sur les 100 entreprises de son indice phare FTSE 100, ou encore que les Etats-Unis et leurs neuf dirigeantes de l’indice S&P 100.
Le changement, s’il arrive un jour vraiment, promet d’être très long. Mais Denis Terrien donne une raison d’espérer : au sein des conseils d’administration, les comités d’audit, de rémunération, de RSE sont déjà majoritairement présidés par des femmes, en tout cas à l’échelle du SBF 120. C’est aussi le cas dans les comités de nomination, même si cela ne vaut pas dans le CAC 40 pris à part (42% contre 37% en 2017 malgré tout). Or «c’est un endroit où le pouvoir d’influence est fort. Le président du comité de nomination porte la nomination du prochain DG, or la diversité appelle la diversité», estime le président de l’IFA.
La France leader pour la féminisation des conseils
Avec plus de 27% de femmes dans les instances dirigeantes du CAC 40 en 2024, la France fait partie des bons élèves européens mais reste toujours derrière la Suède, la Norvège, le Royaume-Uni et la Finlande. Grâce à la loi Copé-Zimmermann de 2011, qui imposait au moins 40% de femmes dans les conseils en 2017, l’Hexagone arrive en revanche en tête du classement européen de la mixité dans ces organes, avec 46,7% de femmes à l’échelle du CAC 40 en 2024.
«La féminisation des conseils apporte trois choses : un rajeunissement, une plus grande diversité des compétences dans le marketing et les ressources humaines entre autres et une ouverture à l’international», ajoute Denis Terrien. Du côté des administratrices, 45% sont étrangères. Contre seulement 32% des administrateurs.


