Avec Pfizer et Sandoz, Evotec accumule les contrats pour son Campus Curie de Toulouse

La CDMO allemande, solidement implantée dans le Sud-Ouest de la France, a annoncé deux accords, avec Pfizer et Sandoz, visant à créer de l’activité sur ses sites de R&D du Campus Curie et de production du J.POD, dont l’inauguration est prévue en septembre.

 

Avec Pfizer, Evotec a noué une collaboration pluriannuelle de R&D dite « précoce ». L’objectif de ce partenariat est d’avancer dans le champ des maladies métaboliques et infectieuses, bien que les deux partenaires n’en aient pas dévoilé davantagesur les pathologies ciblées. Les travaux impliqueront particulièrement « les sites français d’Evotec », précise le groupe, dont son Campus Curie, basé à Toulouse. Ce site de recherche offre des capacités en criblage à haut débit, en biologie in vitro et in vivo, ainsi qu’en protéomique et métabolomique.

Evotec est présent dans ces espaces depuis 2015, après avoir repris l’activité R&D de Sanofi installée sur place. L’entreprise allemande a, par la suite, fait croître ses effectifs et mis la main sur des surfaces supplémentaires en 2020, pour rebaptiser le site Campus Curie.

« La France a créé un écosystème biopharmaceutique florissant, auquel Evotec contribue par sa présence significative de plus de 1 000 employés sur ses sites français, travaillant sur un solide pipeline de médicaments d’importance (…). Nous avons hâte d’épauler notre partenaire Pfizer sur des activités de R&D intégrées », a commenté Matthias Evers, le directeur commercial d’Evotec. L’accord prévoit un financement par Pfizer ainsi que de possibles paiements d’étape, dont les montants n’ont pas été précisés, couplés à des redevances, en cas de succès. En 2016, Evotec avait déjà noué un accord stratégique de recherche avec un autre grand nom, BMS, portant, cette fois-ci, sur les maladies neurodégénératives. Un accord fructueux, puisqu’un premier composé avait été retenu par BMS, en 2021, pour entrer en clinique, une phase II étant prévue pour 2024. Si Evotec se développe sur la R&D, un autre accord concerne son futur site de bioproduction, le J.POD.

Le J.POD de Toulouse va produire les biosimilaires de Sandoz

Pas encore inauguré, le site J.POD d’Evotec à Toulouse voit déjà grossir son carnet de commandes. Evotec, via sa filiale dédiée à la bioproduction, Just Evotec Biologics, vient d’étendre son partenariat avec Sandoz. Un premier accord avait été noué, en 2023, avec ce spécialiste des génériques et biosimilaires, anciennement Novartis, et désormais indépendant.

Ce partenariat prolonge l’engagement de fournir à Sandoz des biosimilaires, équivalents des génériques pour les produits biologiques, qui seront produits au J.POD de Toulouse. Cette unité de bioproduction se veut autonome et automatisée, proposant un procédé de production intensifié et en continu. Une technologie issue du rachat de Just Biologics par Evotec, en 2019, ce qui permet d’installer des unités rapidement, chez un partenaire ou au sein d’un site sorti de terre. La future usine de Toulouse s’appuie ainsi sur le modèle d’un J.POD déjà existant aux États-Unis, à Redmond, déployé par Evotec en 2021. Le projet toulousain, qui se veut la transposition de l’installation américaine en Europe, a notamment bénéficié, pour son financement, d’un prêt de la BEI, à hauteur de 150 millions d’euros.

« Nos capacités de production à Toulouse vont fournir des biosimilaires à Sandoz sur le long terme », s’est félicité Mathias Evers pour Evotec. « Cet accord valide aussi notre stratégie d’établir un deuxième J.POD à Toulouse », a-t-il ajouté. L’inauguration du site toulousain est prévue pour le mois de septembre et l’installation emploiera plus de 150 personnes.

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