L’emploi progresse dans l’industrie pharma en France malgré des difficultés à recruter

Le secteur pharmaceutique a vu ses effectifs progresser de 2,7% en 2022, dépassant 106 000 salariés en France. Si toutes les catégories d’emplois progressent, le secteur peine à trouver des candidats et de bons profils.

L'Industrie Pharma en France

© photo Pascal Guittet

Répartition industrie pharma

L’industrie pharma

Répartition salariés pharma 2023
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Dans l’industrie pharma en France , comme ici sur le complexe de vaccins de Sanofi à Val-de-Reuil (Eure), les femmes sont légèrement plus nombreuses que les hommes et les écarts salariaux se réduisent fortement.

L’emploi dans l’industrie pharmaceutique en France se porte bien. Selon un rapport du Leem (les entreprises du médicament) publié le 12 décembre 2023, le nombre de salariés a progressé de 2,7% entre 2021 et 2022, atteignant un total de 106 038. Un chiffre qui comprend 95 867 emplois en CDI et CDD, et un peu plus de 10 000 personnes en formation (apprentis, stagiaires, contrats professionnels). Thierry Hulot, le président du Leem évoque «des niveaux que l’on avait pas vus depuis 2005». Dans les faits, la progression des effectifs a connu une nette accélération par rapport aux deux années précédentes, qui étaient en-dessous de 1%. Et, en 2022, 16 000 recrutements ont été enregistrés, avec plus de 2000 créations d’emplois nets en CDI et CDD.

Toutes les catégories de métiers ont progressé, en particulier les effectifs dans le contrôle qualité des médicaments et la production – laquelle recense 37% des emplois – qui progressent chacun de plus de 2%. Le métier ayant le plus généré d’emplois l’an dernier est même celui d’opérateur de production avec 675 recrutements. Avec 271 sites de production répartis sur le territoire, la France dispose d’un maillage assez dense pour multiplier les opportunités. Géographiquement, les régions Hauts-de-France, Grand Est et Pays de la Loire affichent les plus fortes croissances, de plus de 3%, même si les grands bassins historiques comme l’Ile-de-France (plus de 28000 salariés) et Auvergne-Rhône-Alpes (plus de 15 000) progressent respectivement de 2,8% et 1,7%.

3,7 milliards d’euros d’investissements annoncés en 2023, générant des perspectives d’emplois dans la pharma

Le dynamisme de l’emploi dans le secteur pharmaceutique est lié en grande partie aux enjeux de ré-industrialisation, de croissance du marché, de décarbonation, et de la souveraineté sanitaire qui a parfois amené à relocaliser certaines productions, avec l’aide d’aides publiques, comme à travers le programme France Relance ou le plan Innovation Santé 2030. A court et moyen terme, les perspectives sont plutôt bien orientées au regard des 3,7 milliards d’euros d’investissements annoncés cette année, comme l’énorme projet d’extension de Novo Nordisk à Chartres (Eure-et-Loir) ou comme ceux de GSK dévoilés dans le cadre de Choose France ou pour verdir sa Ventoline, entre autres.

L’industrie pharma peine à recruter dans toutes les régions, pour tous les métiers

Malgré ce dynamisme, l’industrie pharmaceutique peine à recruter. Ana Alves, directrice du site Sanofi de Neuville sur Saône (Rhône) où se construit un des plus grands projets d’usine de vaccins de nouvelle génération relate avoir du mal à embaucher «des opérateurs de production, des automaticiens, des techniciens de maintenance, et des data analysts. Nous avons asséché le marché sur ce type de profils». Thierry Hulot souligne de son côté un «manque terrible de pharmaciens, indispensables dans l’industrie pour la libération de lots pharmaceutiques par exemple».

A l’occasion de la présentation de rapport sur l’emploi, à Paris, Florence Wawrzyniak, DRH du sous-traitant Unither Pharmaceuticals, portait elle aussi un discours similaire : «Il est très difficile de recruter, le marché du travail est extrêmement tendu, et les difficultés sont les mêmes quel que soit le site d’implantation, les métiers ou même les secteurs». Unither, qui a lancé cette année l’extension de son site d’Amiens (Somme), dispose de 4 usines et recense 1500 salariés en France. Florence Wawrzyniak parle de la création «d’écoles internes dans nos usines» pour «aller chercher et former parfois des gens qui peuvent être décrochés du marché de l’emploi». Ces difficultés de recrutement ne sont pas nouvelles mais elles perdurent. L’an dernier, le rapport du Leem parlait de besoins de 6500 postes dans le secteur d’ici à 2026, en premier lieu pour accompagner le montée en puissance du numérique et l’émergence de la production de biomédicaments dans l’Hexagone.

Les femmes toujours plus nombreuses dans la pharma, les disparités salariales s’améliorent

Pour attirer les talents, l’industrie pharma en France fait valoir des salaires se situant au-dessus de la moyenne des autres industries, de carrières évolutives, et s’appuie aussi sur le recrutement de seniors et de personnes en situation de handicap. La parité est aussi en train de changer. Les femmes demeurent toujours majoritaires dans le secteur (57% des emplois), et leur part dans les catégories cadres est passée de 38% en 2014 à 47% en 2022. Même sur le plan salarial, le Leem indique que le salaire moyen des femmes dans cette industrie a légèrement dépassé celui des hommes. Toutefois, on observe encore un écart de 3,2% en faveur des hommes en ce qui concerne la rémunération globale. D’après Vincent Guiraud-Chaumeil, qui préside la commission emploi du Leem, cette disparité s’explique encore par les « primes de pénibilité et les primes de postes qui concernent plus les hommes aujourd’hui encore ».

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