[L’industrie c’est fou] Grâce à des chercheurs suisses, contrôlez un troisième bras avec votre respiration
Une équipe de chercheurs suisses a fabriqué un troisième bras qu’il est possible de contrôler par la respiration tout en continuant d’utiliser normalement ses autres membres. Une approche digne d’un film de science-fiction qui rendra heureux les adeptes du multitasking !
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Lors de cette expérience, les participants pouvaient déployer une tige en contractant le diaphragme ou la replier en le décontractant.
Le sac de course sous un bras, son enfant sous l’autre… Vous êtes surmené et rêvez d’un peu d’aide ? Un troisième bras ne sera sûrement pas de trop ! Grâce aux scientifiques de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), en Suisse, se procurer un membre supplémentaire fonctionnel relève quasiment de la réalité et non de la science-fiction. Ils ont mis au point fin 2023 un bras robotique contrôlable par la respiration. En effet, ils ont découvert en menant une expérience sur 61 personnes lors de plus de 150 séances que la maîtrise des mouvements du diaphragme par une personne n’interférait pas avec le contrôle de ses bras « naturels », de sa parole ou de son regard.
Un contrôle intuitif
Installés dans un exosquelette et équipés d’un casque de réalité virtuelle, les participants voyaient s’afficher un bras droit, un bras gauche ainsi qu’un troisième bras entre les deux. Les chercheurs leur ont alors demandé de tendre les membres un par un en s’aidant des joysticks pour les bras gauche et droit et en utilisant leur respiration pour le bras central. Ce qu’ils ont effectué sans problème selon Giulia Dominijanni, doctorante à l’institut Neuro-X de l’EPFL. «Le contrôle du troisième bras avec le diaphragme est très intuitif. Les utilisateurs apprennent très rapidement à contrôler le membre supplémentaire», explique-t-elle dans un communiqué de l’établissement.
L’équipe de chercheurs a ensuite réitéré l’expérience avec un bras robotique physique cette fois-ci. Il s’agissait d’une tige que les participants pouvaient déployer en contractant le diaphragme ou replier en le décontractant. But ultime pour les scientifiques ? Mieux comprendre le cerveau humain, et plus particulièrement le système nerveux. «Nous exploiterons ces connaissances pour, par exemple, concevoir des dispositifs d’aide aux personnes handicapées, ou des protocoles de rééducation après une attaque cérébrale», décrit le neuroingénieur Silvestro Micera.
Mais pour l’heure, le professeur et son équipe restent prudents. A l’avenir, ils testeront des dispositifs robotiques plus complexes qui devront effectuer hors laboratoire des vraies tâches. A ce moment-là seulement, ils pourront estimer le potentiel du contrôle d’un nouveau membre par la respiration.


