Sanofi tournera la page du Doliprane d’ici fin 2024
Le laboratoire pharmaceutique français Sanofi va se séparer de son entité Santé Grand Public, qui englobe des médicaments matures, à grands volumes et parfois vendus sans ordonnance, comme le Doliprane, d’ici le quatrième trimestre 2024 au plus tôt. Sanofi se concentrera uniquement sur sa médecine de spécialités et ses vaccins.

Une fois sa division Santé Grand Public hors de son périmètre, Sanofi sera bientôt concentré seulement sur la médecine de spécialité et les vaccins, comme ici sur son site de Val de Reuil (Eure), ses deux priorités stratégiques. © Guittet Pascal
Une division déjà restructurée, avec un portefeuille passé de 250 à 125 marques
Depuis l’arrivée de Paul Hudson à la tête de Sanofi il y a quatre ans et la présentation de la nouvelle stratégie Play to Win fin 2019, avec un recentrage sur la médecine de spécialités et les vaccins, la Santé Grand Public avait déjà été mise à part. Depuis quatre ans, elle évolue légèrement en marge du groupe, comme une entité commerciale autonome, avec ses propres fonctions de production, de R&D, de support et informatique, et des entités juridiques dédiées. Elle a été pleinement restructurée, et le portefeuille de produits a été largement remodelé, passant de 250 à 125 marques, via des cessions.
L’objectif de cette séparation est de permettre à cette activité de «délivrer son plein potentiel» et de la rendre «plus agile», en s’appuyant sur ses «propres ressources stratégiques et capitalistiques» selon les mots de Paul Hudson. Lequel insiste sur un «portefeuille hautement compétitif» d’une «cinquantaine de marques clés». De son côté, Sanofi pourra davantage se concentrer sur ses priorités stratégiques : médecine de spécialités, avec un portefeuille de médicaments tourné à 70% vers les biomédicaments, et vaccins. Paul Hudson se félicite d’ailleurs de sa stratégie Play to Win qui a permis à Sanofi d’enregistrer 13 trimestres consécutifs de croissance et d’avoir déployé la franchise Dupixent qui représente désormais presque 11 milliards d’euros de ventes annuelles tandis que les indications continuent de se diversifier pour cet anticorps monoclonal devenu le médicament phare du groupe.
Renforcement des dépenses de R&D et plan de 2 milliards d’euros d’économie
Pour encore mieux se développer en tant que «pure player pharmaceutique», Sanofi a également annoncé un renforcement de ses dépenses de R&D pour ses biomédicaments et ses vaccins. Le groupe n’a pas précisé à ce stade l’effort à venir, mais Paul Hudson a indiqué que les dépenses de R&D ont «déjà atteint 7 milliards d’euros cette année contre 5,5 milliards en 2020». En parallèle, Sanofi envisage, sans plus de précision, un nouveau plan d’économies qui pourrait atteindre jusqu’à 2 milliards d’euros entre 2024 et 2025, afin de mieux financer sa quête de médicaments innovants. Quatre ans après son arrivée, Paul Hudson semble confiant comme jamais. Le dirigeant assure que Sanofi est «bien positionné pour devenir un leader pharmaceutique mondial pour les 25 prochaines années».


