Thales inaugure un accélérateur pour aider les start-up de l’imagerie médicale à s’industrialiser

Le comité stratégique de filière Industrie et technologies de santé a inauguré, vendredi 12 juillet, un accélérateur qui vise à favoriser l’industrialisation et la certification de dispositifs d’imagerie médicale. Pilotée par Thales, via sa filiale Trixell, cette plateforme doit accompagner des start-up dans le développement de leurs produits.

Thales site de Trixell

© Thales

La France veut s’imposer comme un acteur majeur de l’imagerie médicale. Le comité stratégique de filière Industrie et technologies de santé a inauguré, ce vendredi 12 juillet à Moirans, à côté de Grenoble (Isère), la création d’Axel, une plateforme pour accélérer le prototypage et l’industrialisation de nouvelles technologies d’imagerie médicale. Celle-ci prend place dans les locaux de Trixell, la filiale spécialisée dans l’imagerie médicale de Thales, qui met à disposition de ce projet des locaux, du personnel et un financement conséquent.

Parmi les autres contributeurs à l’accélérateur figurent Fortil Group, l’université Grenoble Alpes (UGA), l’institut d’ingénierie et de management de l’UGA et le CHU de Grenoble. Le rôle actif des partenaires sociaux, et tout particulièrement celui de la CGT, est aussi souligné dans la création de cette plateforme. Présents dans les comités stratégiques de filière, ils sont généralement moins visibles lors de la création de telles structures. La présence d’un élu CGT actif chez Trixell, l’un des partenaires de la plateforme, a contribué à ce positionnement actif de la CGT dans l’émergence d’Axel.

Mise à disposition des moyens de production

«La France compte de nombreuses start-up dans l’imagerie médicale, mais le passage à l’échelle est compliqué», constate Charles-Antoine Goffin, vice-président de l’activité Thales en charge de l’imagerie médicale. En cause ? Le long chemin pour la certification et l’industrialisation. Axel vise à aider les start-up à surmonter ces difficultés. Même si Charles-Antoine Goffin ajoute un troisième défi à relever pour ces jeunes pousses : «avoir la force commerciale suffisante».

 

L’usine de Trixell, filiale de Thales, Philips Healthcare et Siemens Healthineers, comprend des moyens de fabrication qui vont des processus très amont – comme des fours, des moyens de vide, des moyens de dépôt – jusqu’aux processus aval avec des moyens d’assemblage et de tests pour vérifier que l’image rendue par l’objet est de bonne qualité. Au-delà des machines et du personnel, certaines start-up pourront bénéficier du circuit d’achat de Trixell. Une aubaine pour avoir des prix stables ou être livré rapidement.

 

Enfin, l’accélérateur va favoriser la collaboration entre les entreprises, les start-up, les acteurs de la recherche, les institutions de santé et autres collectivités locales. A ce niveau, le bassin grenoblois compte le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et des instituts hospitaliers de premier plan qui pourront aider les jeunes pousses.

L’émergence d’un écosystème

Thales finance à hauteur de «plusieurs centaines de milliers d’euros ce projet sur trois ans», ajoute Charles-Antoine Goffin sans donner de détails, aux côtés d’autres industriels et des acteurs publics. L’objectif : attirer d’autres participants et décrocher des subventions. «Axel a vocation à générer des services et continuer à grandir», résume-t-il.

Pour Thales, l’intérêt de cet accélérateur n’est pas d’en tirer des revenus mais de faire émerger un écosystème et renforcer les collaborations. Et pourquoi pas, de signer des partenariats avec des start-up prometteuses. «La France a une carte à jouer dans ce secteur où des start-up sont rachetées par des entreprises, le plus souvent américaines», souffle Charles-Antoine Goffin. Une bonne dizaine de start-up sont déjà identifiées par les partenaires, parmi les 60 repérées par le comité stratégique de filière.

L’imagerie médicale, un secteur porteur

Le secteur de l’imagerie médicale est évalué à 40 milliards de dollars dans le monde, selon un rapport de Global Market Insights. Thales souhaite s’implanter durablement sur ce marché avec sa filiale Trixell, qui se targue d’être l’un des principaux acteurs de l’imagerie médicale en France avec ses 200 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. L’entité est tout particulièrement spécialisée dans les détecteurs digitaux à rayons X. Un sous-segment des appareils à rayons X, qui représente lui plus de 32% du marché de l’imagerie médicale et doit atteindre 22,6 milliards de dollars en 2032.

 

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