Ces erreurs à éviter pour recruter les cadres
[Chronique RH] Embaucher reste compliqué pour de nombreuses entreprises, malgré la résorption partielle des difficultés de recrutement. Pour convaincre les candidats à des postes d’encadrement de les rejoindre, les employeurs peuvent améliorer leurs processus de recrutement de plusieurs manières, pointe une étude récente de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec).
Les cadres apprécient les processus de recrutement rapides et efficaces, avec deux ou trois entretiens dans l’idéal pour 90% d’entre eux. Une fois sa candidature envoyée, un cadre sur deux considère que l’attente pour un premier contact devient excessive au-delà de trois semaines.
Détailler le déroulé du processus de recrutement
Mais ce qu’ils préfèrent peut-être encore davantage, c’est que l’employeur explique le déroulé du processus de recrutement dans son ensemble dès la première prise de contact. Dans l’idéal, un recruteur devrait leur indiquer la durée globale du processus, le nombre d’entretiens prévus, le temps de réponse entre chacun des entretiens, leur durée et les sujets abordés. Quand le déroulé est clair, «ce n’est pas dérangeant d’attendre», témoigne une cheffe de produit de 27 ans dans l’étude. «Par contre, si on nous dit qu’il y aura peut-être un autre entretien, mais qu’on ne sait pas quand, c’est un peu frustrant.»
Les candidats souhaitent aussi savoir le plus tôt possible s’ils doivent passer un test. De quoi éviter des mésaventures comme celle de Raphaël, un manager de 38 ans qui postulait pour un emploi dans une grande banque. Après deux entretiens et une journée d’observation, il a eu la surprise de devoir présenter un dossier devant un jury de six personnes. «J’ai dit ‘oubliez-moi, j’ai autre chose à faire que de vous préparer un dossier et de passer devant un jury’», raconte celui qui considérait pourtant le poste comme idéal. Le recours aux tests doit aussi être fait avec parcimonie. «Il y a des postes que j’ai refusés parce que je n’avais pas envie de passer un test technique», affirme ainsi une trentenaire experte en science des données.
Choyer les cadres lors des entretiens
En outre, 65% des cadres aimeraient que la proposition salariale soit évoquée dès l’offre d’emploi ou lors du premier appel avec l’entreprise. Sur ce point, une directive européenne devrait bientôt faire changer les choses. En revanche, l’Europe n’a pas la main sur l’attitude des recruteurs. Les cadres appellent pourtant à être davantage pris en considération. Ils réclament de l’intérêt pour leur expérience, des questions personnalisées et qu’on les rassure sur la pertinence de leur candidature. Par la suite, «une rencontre avec la future équipe de travail constitue une pratique fortement appréciée par les candidats», ajoute l’Apec.
Une telle rencontre peut permettre d’éviter les mauvaises surprises lors des premiers pas de la nouvelle recrue dans l’entreprise. Selon un sondage publié début juin par la start-up RH HeyTeam et mené auprès de 500 personnes, 36% des salariés ayant mis fin à leur période d’essai savaient dès la première semaine, voire avant, que l’entreprise en question n’était pas faite pour eux.


